Vous êtes lycéen et vous rêvez d’enfiler une blouse blanche ? Alors vous avez certainement entendu parler de cette fameuse réforme des études de santé qui fait trembler les forums et les groupes d’orientation depuis quelques années. Entre PASS, LAS, LSPS, et maintenant l’arrivée d’une possible voie unique pour 2027, difficile de s’y retrouver. Respirez un bon coup, on va démêler tout ça ensemble, sans jargon inutile et avec des mots simples.
Depuis 2020, le monde des études médicales a complètement changé de visage. Exit la PACES, cette année mythique et redoutable qui faisait trembler des générations entières d’étudiants. Place à un système censé être plus humain, plus équitable, et surtout moins brutal. Sauf que voilà, cinq ans après, le bilan est mitigé. Tellement mitigé, d’ailleurs, qu’une nouvelle réforme des études de santé se profile déjà à l’horizon. Alors, qu’est-ce qui a vraiment changé ? Et surtout, qu’est-ce qui vous attend si vous visez médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie via les filières MMOPK ?
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Pourquoi la PACES a-t-elle disparu ?
Pendant des décennies, la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé) était le passage obligé pour tous ceux qui voulaient devenir médecin, dentiste, sage-femme, pharmacien ou kiné. Mais cette année était devenue une véritable machine à broyer les vocations. Un concours ultra-sélectif, une seule chance de redoubler, et des taux de réussite qui donnaient le vertige dans le mauvais sens. C’est précisément ce constat qui a motivé la réforme des études de santé mise en place en 2020.
Le système était simple sur le papier mais terrible dans la réalité : tu passes des QCM pendant une année entière, tu es classé, et seuls les meilleurs accèdent à la deuxième année. Les autres ? Direction la case réorientation, souvent sans filet. Le numerus clausus, ce quota strict qui limitait drastiquement le nombre de places, transformait chaque examen en compétition acharnée. Résultat : stress maximal, bien-être étudiant au plus bas, et un gâchis de talents impressionnant. Face à ce constat, le gouvernement a décidé en 2020 de tout chambouler avec une réforme des études de santé d’envergure. L’idée ? Créer un système plus humain, qui laisse plusieurs chances, diversifie les profils et supprime ce fameux numerus clausus au profit du numerus apertus. Un joli nom qui signifie simplement que les universités peuvent désormais ajuster le nombre de places en fonction des besoins, même si dans les faits, la sélection reste très rude.
PASS et LAS : deux voies principales d’accès
Depuis la rentrée 2020, deux parcours principaux permettent d’accéder aux études de santé : le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) et la LAS (Licence avec Accès Santé). L’idée semblait brillante sur le papier : offrir de la flexibilité, donner deux chances, et permettre aux étudiants de ne pas tout perdre en cas d’échec.
Le PASS, c’est la voie royale si votre projet est vraiment fixé sur la santé. Vous suivez majoritairement des cours de sciences médicales (anatomie, biochimie, physiologie, etc.), soit environ 70% des enseignements, avec une mineure santé dans une autre discipline de votre choix (droit, langues, sciences humaines…) qui représente 30% du programme. Cette mineure, c’est votre filet de sécurité : si vous n’êtes pas admis en deuxième année de médecine ou autres filières MMOPK, elle vous permet de rebondir vers une licence classique. La LAS, de son côté, propose l’inverse. Vous vous inscrivez dans une licence classique (biologie, droit, lettres, STAPS…) et vous prenez en parallèle une option « accès santé ». C’est une approche plus progressive, idéale si vous hésitez encore ou si vous voulez vous constituer un plan B solide. À Paris-Est Créteil et dans certaines universités d’Île-de-France, il existe aussi la LSPS (Licence Sciences pour la Santé), une filière très scientifique qui ressemble beaucoup au PASS dans son contenu.
Le gros avantage du système, c’est le principe de « marche en avant » : pas de redoublement en première année. Si vous échouez en PASS, vous pouvez tenter une seconde candidature depuis une LAS en deuxième ou troisième année de licence. Si vous commencez en LAS et que ça ne passe pas, vous pouvez retenter votre chance l’année suivante. Chaque étudiant dispose ainsi de deux opportunités pour intégrer les filières MMOPK. L’admission orale fait désormais partie du processus de sélection, contrairement à l’époque des QCM purs et durs de la PACES.

Ce qui coince vraiment avec le système actuel
Mais alors, si tout était si bien pensé, pourquoi parle-t-on déjà de tout refondre ? Parce que la mise en œuvre a créé un véritable casse-tête. Imaginez : plus de 500 variantes de parcours PASS-LAS réparties dans toutes les universités françaises. Chaque fac a interprété la réforme des études de santé à sa sauce, avec ses propres modalités de sélection, ses volumes horaires différents, et ses critères d’évaluation spécifiques.
Pour les lycéens qui préparent leur dossier sur la plateforme Parcoursup, c’est un véritable labyrinthe. Comment choisir entre un PASS à Paris et une LAS à Lyon quand les règles du jeu changent complètement d’une ville à l’autre ? Et surtout, comment être sûr de faire le bon choix quand personne ne comprend vraiment les subtilités du système ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le taux de redoublement en deuxième année de médecine atteint 18% pour les étudiants issus de LAS, contre seulement 3% pour ceux venant du PASS. Pourquoi une telle différence ? Parce que la LAS, censée diversifier les profils, prépare moins bien aux exigences spécifiques des études médicales. Beaucoup d’étudiants se retrouvent à jongler entre des cours de lettres ou de droit et une mineure santé insuffisante pour vraiment maîtriser les bases.
En décembre 2024, la Cour des comptes a publié un rapport sévère sur la réforme des études de santé. Son constat ? Le système est devenu illisible, inégalitaire selon les territoires, et n’a pas atteint ses objectifs de diversification des profils. Elle recommande clairement un retour à une voie unique, simplifiée et harmonisée sur tout le territoire.
La future réforme de 2027 : vers une voie unique harmonisée
Face à ces dysfonctionnements, le gouvernement a lancé en octobre 2024 une concertation nationale pour simplifier tout ça. L’objectif affiché ? Créer une voie unique d’accès aux études de santé, plus lisible, plus équitable, et harmonisée sur tout le territoire. Cette nouvelle réforme des études de santé devrait entrer en vigueur au plus tard à la rentrée 2027.
Concrètement, cette future « voie unique » ressemblerait à un mix entre PASS et LAS, avec une première année de licence comportant majoritairement des enseignements en santé (entre 45 et 50 crédits ECTS sur 60) et une mineure dans une autre discipline. Le principe de la marche en avant serait conservé, tout comme la possibilité de tenter deux fois sa chance. Mais fini le casse-tête des 500 variantes : un cadre national harmonisé devrait rendre le système beaucoup plus compréhensible pour les lycéens et leurs familles. Les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé travaillent en étroite collaboration avec les universités, les établissements de santé, les associations étudiantes et les parlementaires pour construire ce nouveau modèle. L’objectif est de maintenir les principes fondamentaux de la réforme de 2020 (diversité des profils, marche en avant, suppression du numerus clausus) tout en corrigeant les défauts majeurs du système actuel.
Pour les lycéens qui se préparent à formuler leurs vœux sur Parcoursup en 2026, c’est une période d’incertitude. Vous serez potentiellement parmi les dernières promotions à entrer dans le système PASS-LAS actuel, avant qu’il ne soit remplacé. Pas de panique pour autant : les principes fondamentaux resteront, et votre parcours sera reconnu même si les modalités évoluent pendant vos études.
Comment bien préparer son orientation dès le lycée ?
Si vous êtes en Terminale et que vous visez les études de santé à Paris (ou ailleurs), voici quelques pistes concrètes pour optimiser vos chances. D’abord, travaillez votre dossier Parcoursup. Les notes comptent, bien sûr, mais aussi vos appréciations, votre projet de formation motivé, et vos activités extra-scolaires. Les universités cherchent des profils solides, motivés et capables de tenir sur la durée.
Ensuite, renseignez-vous précisément sur les spécificités de chaque université. À Paris, vous avez plusieurs options : l’Université Paris-Cité, Sorbonne Université, l’Université Paris-Est Créteil avec sa LSPS… Chacune a ses propres modalités, ses taux de réussite et son ambiance. N’hésitez pas à participer aux journées portes ouvertes et à discuter avec des étudiants déjà en place. De nombreux lycéens font aussi le choix d’intégrer une prépa santé dès la Terminale ou pendant l’année de PASS. Ces prépas offrent un accompagnement personnalisé, des examens blancs, des cours de méthodologie et un suivi par des parrains en deuxième ou troisième année. C’est un investissement, mais qui peut faire toute la différence face à la concurrence. Les structures spécialisées comme les prépas médicales parisiennes proposent des formations adaptées pour maximiser vos chances de réussite.
Enfin, gardez en tête que les études de santé exigent une vraie endurance. Ce n’est pas un sprint, c’est un marathon. Entre les cours magistraux, les travaux dirigés, les révisions intensives et la pression du classement, il faut être prêt mentalement et physiquement. Prenez soin de vous, construisez-vous un réseau de soutien, et n’oubliez pas que l’échec n’est jamais définitif.
Et maintenant, c’est à vous de jouer
La réforme des études de santé reste un chantier en mouvement. Entre les promesses initiales de 2020, les difficultés actuelles et la future refonte de 2027, difficile de prédire exactement à quoi ressemblera votre parcours. Mais une chose est sûre : si vous avez la vocation, la motivation et la ténacité, vous trouverez votre chemin.
Alors, prêt à relever le défi ? Parce qu’au final, peu importe que vous passiez par un PASS, une LAS, une LSPS ou une future voie unique, ce qui compte vraiment, c’est votre envie de soigner, de comprendre le corps humain et d’aider les autres. Le reste, ce ne sont que des cases à cocher et des examens à réussir. Et ça, avec de la préparation et du soutien, vous en êtes capable.
